Par Joie Des Mots
Cette Espagne que j'ai tant aimée, que j'aime toujours autant ...
Emploi en berne. Hier matin, l'Institut de statistiques a révélé que le chômage venait de franchir un niveau jamais atteint depuis vingt ans : 24,44 %, un record parmi tous les pays industrialisés. Près d'un Espagnol sur quatre est sans emploi, et même un jeune sur deux. Une situation sociale et humaine dramatique.
Croissance en berne. Et, lundi, le même institut confirmera l'entrée en récession du pays, pour la seconde fois en trois ans. Concrètement, après un recul de 0,3 % de la création de richesses (le Produit intérieur brut, PIB) au dernier trimestre 2011, le taux de croissance reculerait à nouveau de 0,4 % au premier trimestre 2012. Et c'est sans compter les inquiétudes que suscitent les banques espagnoles, et les actifs immobiliers toxiques, dont certaines sont encore chargées...
Horizon en berne. Aucun espoir de croissance ne pointe à l'horizon, avant 2014. Le gouvernement vient de prendre des mesures d'économies budgétaires de 42 milliards d'euros pour l'année. Il poursuit sa stricte ligne de rigueur, avec des objectifs draconiens : réduire le déficit public de 8,5 % à 5,3 % du PIB cette année, puis à 3 % du PIB l'année prochaine. « Trop sévère », préviennent, depuis longtemps, nombre d'économistes. En dégradant la note de la dette du pays, S & P a, elle-même, clairement fait savoir qu'elle ne croyait pas l'Espagne capable de tenir de tels objectifs. « La situation en Espagne est en train de se muer en situation à la grecque : la récession est tellement profonde que, quand vous faites un pas en avant vers l'austérité, cela vous amène deux pas en arrière », analyse Stephen King, économiste en chef d'HSBC.
Changement de cap ? Avec une économie aussi déprimée, le pays peut-il réellement espérer réduire ses déficits ? Une certitude : la situation de l'Espagne va donner du grain à moudre à ceux, de plus en plus nombreux, qui critiquent les politiques du « tout austérité ».
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