Par Joie Des Mots
Par Fabrice Nicolino
La manœuvre est superbe. Un, on a désormais la preuve que l’air des écoles contient des cancérogènes qui dépassent les normes légales. Deux, on ne fait rien, Ségolène Royal en tête. C’est qu’il faudrait agir, et peut-être évacuer les écoles les plus polluées.
Le silence de nos bons journaux est un plaisant mystère. Des milliers d’articles sur un copilote follet qui explose son avion dans les Alpes, et pas une ligne consacrée à l’étude européenne Sinfonie [1], qui concerne pourtant tous les gosses. En résumé, l’air des écoles craint énormément, mais le détail des faits mérite d’être exploré.
Quatre clusters géographiques – disons, des ensembles – ont été définis : l’ouest, l’est, le nord et le sud de l’Europe. Au total, l’air de 114 écoles de 23 pays européens a été analysé, révélant ce qu’il faut bien appeler un désastre. Par exemple, 85 % des écoliers respirent à l’année un air où les particules fines PM 2,5 – les plus dangereuses – dépassent les limites fixées par l’OMS (pour l’exposition de longue durée). 50 % sont exposés à des doses de radon – un gaz radioactif – supérieures aux recommandations de l’OMS. 25 % des gamins bouffent du benzène à un niveau plus élevé que la limite européenne. Enfin – mais la liste n’est pas close, de loin – 60 % se ramassent dans les poumons plus de 10 µg/m³ de formaldéhyde, teneur maximale retenue pour une exposition au long cours.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article28334

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog