Par Joie Des Mots
Cerise a 8 ans, « elle aime pâturer dans les champs et mener sa vie tranquille en liberté ». C’est ainsi que le Salon de l’Agriculture présente en vidéo, son « égérie » 2016. Cerise est bien sûr un pur produit de com’ qui a peu à voir avec la réalité de l’élevage. Elle est issue d’une vieille race rustique du Sud-Ouest, sauvée in extremis de l’extinction. Des bazadaises comme Cerise, qui se nourrissent exclusivement d’herbe et de foin, on en recense à peine 4 000 en France (contre 2,8 millions d’holstein).
C’est d’ailleurs parce qu’elle n’était pas assez rentable pour l’industrie laitière, avec ses 4 000 litres de lait à l’année, deux fois moins que la holstein, que la race bazadaise a failli partir à la casse. Aujourd’hui, l’essentiel des laitières que l’on trouve dans les élevages ont été génétiquement profilées pour satisfaire aux besoins de l’industrie agroalimentaire. Gavées entre autres de granulés énergétiques, ces « formules 1 » produisent une telle quantité de lait – jusqu’à 10 tonnes par an – qu’elles enchaînent les mammites, des inflammations du pis. Ce qu’on ne dit pas non plus, c’est que seuls 10 % des 24 milliards de litres de lait collectés chaque année en France, sont bus tels quels. Tout le reste est « raffiné » : réduit en poudre de lait ou fractionné afin d’en extraire des sous-produits à haute valeur ajoutée.
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