Par Joie Des Mots
Si la chasse endeuille nos automnes, comme l’énonçait Marguerite Yourcenar, nombre de contemporains, bien éloignés de ce loisir, considèrent avec indifférence une activité cantonnée au « rural profond » et pratiquée par une fraction vieillissante et en cours de marginalisation de la population. Or, la controverse n’intéresse pas que la protection animale, la sauvegarde de la biodiversité, la sécurité des promeneurs pacifiques, les principes démocratiques fondamentaux bafoués par la mainmise d’un lobby sur l’appareil d’État. La chasse est un problème éthique essentiel, touchant aux racines de l’être.
Bien sûr, le fait de traquer un animal, être sensible, de le soumettre à la morsure des chiens, de lui
éclater les organes par des jets de plombs, de lui broyer les os par une balle, de le poignarder ou le noyer, comme dans la chasse à courre, constituent des actes de cruauté. L’acceptation de la
chasse implique nécessairement la négation du caractère sensible de l’animal, son abaissement au rang de chose dénuée de tout intérêt légitime à ne pas être soumis à la violence, aux sévices, à
la maltraitance.La chasse se révèle incompatible avec la prise en compte de l’unité profonde du vivant, de la reconnaissance qu’entre l’humain et les autres êtres existent des différences de
degrés et non de nature, données acquises depuis la publication de « l’origine des espèces », par Darwin en 1859.
Gérard Charollois
Altermonde-sans-frontières
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