Par Joie Des Mots
Nous sommes en train de glisser sur la douce pente de la décadence.
Depuis de nombreuses années, nous vivons dans une sorte de volupté de la décadence. Car il y a une volupté de la décadence. Forcément une ascension est toujours plus difficile : il faut avoir des muscles, il faut s'accrocher à la paroi, se plaquer contre la roche, la creuser ; l'air se raréfie parce qu'il devient de plus en plus pur ; on est de plus en plus solitaire parce qu'on se hisse au-dessus de la masse.
Au contraire, il est facile de dévaler une pente, de se laisser glisser.
Nous avons vécu une période, qu'on a appelée de consommation et de consommation déchaînée, pendant laquelle l'Occident tout entier s'est abandonné à la volupté de la décadence comme à une narcose. Nous sommes confrontés à une crise monétaire et financière aujourd'hui, économique demain, et la décadence risque fort d'être plus brutale et plus contraignante.
A partir de cette constatation, tout se dévide comme une pelote de laine et tout s'explique. L'Occident n'a plus de volonté de vie et d'affrontement.
Nous assistons partout à une immense démission.
Démission des politiques, des intellectuels, des bergers religieux, des pères.
L'Occident tout entier démissionne.
Jean Cau

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog