Par Joie Des Mots
Par Philippe Bilger
On n’a pas encore tiré toutes les leçons du blocage de l’A1 par une soixantaine de gens du voyage durant la dernière fin de semaine. Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’un pouvoir politique donne une triste image de son courage et une piètre idée de sa rectitude mais pourquoi faudrait-il admettre cette constante dérive comme inéluctable et, en quelque sorte, évidente ?
Je néglige ce qui a été évoqué, à la suite de ce blocage, comme "une décision judiciaire très opportune". Il ne me paraît pas inconcevable que le débat sur la présence, aux obsèques de son père, d’une personne incarcérée ait pu entraîner une décision d’abord défavorable, puis favorable, de la justice sans qu’on soit obligé de prêter à celle-ci une soumission choquante aux pressions et à la violence collective. Sur le plan politique, quelle surprise, tout de même, d’entendre la préfète de Picardie justifier l’inaction et la passivité en affirmant qu’une intervention aurait pu entraîner "des débordements", qu’elle était précisément chargée de prévenir, et de devoir déplorer que même notre remarquable ministre de l’Intérieur a approuvé cette aberration !
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29283

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