Par Joie Des Mots

flottant dans la boue
comme portée par elle,
un cimetière d’invisibles arbres,
troncs par milliers toujours droits
qui ont connu les soleils d’autres siècles,
qui possèdent désormais le haut destin de soutenir la ville entière ;
une ville debout permis par leur sacrifice,
arbres dressés vers un ciel sans lumière,
un ciel de pierre,
un ciel de fondation
qui connaissent dans leur repos séculaire comme une seconde vie invisible - une forêt sans branches,
sans feuilles, préservée dans la vase et le sable,
figée, pétrifiée pour créer l'île idéale ;
et mêmes les morts ici reposent sur cette forêt sous marine
pour ne pas qu’ils s’écroulent à fleur d’eau toujours immortels
Pierre Cressant
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