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La Martinière ...

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Long trait d'eau bordant la rive sud de l'estuaire sur 15 km, du Pellerin au Carnet, le canal célèbre son anniversaire. Un patrimoine ligérien plus que centenaire, dans un cadre naturel remarquable.
Pourquoi un canal ?
Au milieu du XIXe siècle, le vieux débat entre loiristes et canalistes s'enflamme. Comment faciliter l'accès au port de Nantes pour des navires dont le tonnage, avec l'apparition des bateaux à vapeur, ne cesse d'augmenter ? Les engins d'alors ne permettant pas de creuser le seuil rocheux situé en aval du Pellerin : les canalistes l'emportent.
Les travaux commencent en juin 1882. Ils dureront dix ans et furent marqués par de nombreuses difficultés techniques, financières et humaines - les maladies et les accidents coûtèrent notamment la vie à une cinquantaine d'ouvriers. Ouvert à la navigation en septembre 1892, l'ouvrage connaît immédiatement le succès. Il sera bref.
Dépassé par le progrès
Dès 1903, l'approfondissement du chenal naturel du fleuve est décidé. Les tirants d'eau des bateaux atteignent les sept mètres et plus mais, dans le même temps, les dragues à vapeur ont gagné en puissance et efficacité.
Condamné, le canal est fermé à la grande navigation en 1913. Oubliés, les passages du Belem à travers les portes de flot (dans le sens Loire-canal) ou d'èbe (dans le sens canal-Loire) des écluses de la Martinière ou du Carnet.
Certes, il conservera jusqu'en 1943 une importante activité de petite batellerie, mais son image est alors surtout celle du cimetière des grands voiliers nantais, derniers cap-horniers qui meurent doucement, alignés le long de ses rives. Il sera aussi, jusqu'en 1980, un lieu de stockage pour les engins des Ponts et Chaussées, après avoir accueilli ceux des Allemands pendant l'occupation puis, jusqu'en 1967, une base américaine et les stocks de l'Otan. Mais il va connaître une deuxième vie.
Renaissance
En 1958, l'Union des marais du Sud-Loire achète le canal aux Ponts-et-Chaussées pour faire de cet immense réservoir un outil de régulation du système hydraulique irriguant tout le Pays de Retz, du bassin de Grand-Lieu à la baie de Bourgneuf, au travers du Tenu et de l'Acheneau, seul cours d'eau en France à couler dans les deux sens, selon qu'il s'agisse, l'été, de prélever en Loire de 16 à 20 millions de mètres cubes d'eau indispensables aux usages agricoles, ou d'évacuer un trop-plein de 300 à 800 millions de mètres cube/an suivant la pluviométrie et les inondations.
Patrimoine et tourisme vert
Depuis 1987 et la création de l'Association culturelle du canal maritime (Accam ; www.canal-maritime-basse-loire.fr), des bénévoles passionnés se sont attachés à la préservation et à la valorisation de ce magnifique patrimoine technique et humain. À leur actif : études, film, expositions, remise en état de marche de l'ingénieuse machinerie des écluses de la Martinière et réhabilitation de celle des Champs-Neufs (Frossay). Deux sites sont ouverts à la visite (02 40 04 65 21). On peut voir aussi, jusqu'au 21 août, au Quai Vert (Le Migron) une exposition intitulée « Les 120 ans du canal ».

Ouest-France  

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