Par Joie Des Mots

Je ne vais voir la nature que par intermittence,
parce que c’est trop beau.
C’est comme si je restais trop longtemps
devant un coffre plein de pièces d’or et de pierreries :
je deviendrais aveugle.
Alors, j’emporte seulement deux ou trois pierres précieuses.
Dans la campagne, je peux recevoir la même lettre de soleil
qu’un petit bosquet d’arbres,
et c’est déjà presque trop.
Christian Bobin
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