Par Joie Des Mots
Une excellente enquête sur ce gras universel qui nous
envahit chaque année un peu plus. Chaque Français en consommerait près de 2 kilos par an. Dans la margarine, les chips, les biscottes, les pâtes à tartiner ou, plus simplement, certains produits
ménagers ou cosmétiques... L’huile de palme est partout !
Quels sont les risques d’une telle consommation ? De la Normandie à l’Indonésie, Émilie Lançon a mené l’enquête sur ce gras universel qui chaque année nous envahit un peu plus. Selon Irène Margaritis, chef de l’unité risques et nutrition à l’Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire), « ses teneurs en acides gras saturés sont élevées et exposent à un risque de maladies cardio-vasculaires ! » Yves Daudigny, sénateur PS de l’Aisne, mène lui aussi la bataille. Il a proposé de surtaxer l’huile de palme mais son texte, appelé "l’amendement Nutella", n’a pas été voté. (Cherchez l’influence des lobbies dans ce significatif rejet ! Ndlr d’Altermonde). Le film revient sur la composition de la célèbre pâte à tartiner. Un pot de Nutella, c’est, notamment, 55 % de sucre, 17 % d’huile de palme, 13 % de noisettes et 7 % de cacao.
Mais peut-on faire autrement ? Walter Bovetti, un italien amoureux du chocolat, fabrique, en Dordogne, de la pâte à tartiner sans un soupçon d’huile de palme mais avec 40 % de noisettes. Évidemment, son produit est plus cher mais aussi bien meilleur. Même la grande distribution commence à lever le pied sur l’huile de plame. Système U l’a supprimée de ses produits. Findus y a aussi renoncé, tout comme les biscuits Saint-Michel et le pain de mie Jacquet.
Il faut dire qu’au niveau environnement, l’addition est également très salée. Toutes les minutes, c’est l’équivalent de 6 terrains de football qui disparaissent en Indonésie. Des pans entiers de forêts millénaires sont dévastés pour laisser la place à la culture des palmiers. Pour se donner bonne conscience, un label a été créé qui certifie une huile de palme dite « durable ». Oui, mais voilà, Émilie Lançon démontre, dans cette excellente enquête, que, dans les plantations bénéficiant du Label RSPO (Label honteusement délivré avec la complicité du WWF ! Ndlr d’Altermonde), l’utilisation d’herbicides hautement toxiques est monnaie courante.
Les points d’eau alentour sont d’ailleurs tous pollués, mettant en danger la santé de la population qui les utilise.
Véronique Macon
CinéTéléObs N° 2534 du 1er juin 2013
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