Par Joie Des Mots
Par Philippe Bilger
Paul Verhoeven est un cinéaste néerlandais âgé de 77 ans qui, entre l’Europe et les États-Unis, a réalisé un grand nombre de films dont certains ont connu un immense succès. Pour ma part, je n’en ai vu que trois : Basic Instinct, Total Recall et Black Book le moins connu mais que j’ai beaucoup apprécié. Invité d’honneur du festival Toute la mémoire du monde à la Cinémathèque française, il a donné une interview au Monde et l’une de ses réponses m’a surpris et m’a semblé en total décalage avec mon expérience et ma vision de spectateur passionné de cinéma.
On lui fait part que "Dans ce film (Spetters) comme dans tout votre cinéma, le sexe occupe une place très importante..." et il réagit ainsi : "J’ai toujours été très intéressé par les comportements sexuels. Qui ne l’est pas ? La vraie question, c’est pourquoi n’y a-t-il pas plus de sexe au cinéma ? c’est quand même la base de l’évolution, non ? Le sexe et la violence sont deux choses fondamentales de notre univers, c’est important de les montrer". Je me demande comment un professionnel averti comme lui peut soutenir qu’il n’y a pas assez de sexe et de violence dans les films alors que pour le profane, l’inverse est plus juste et que la représentation crue et sans fard des scènes de l’un et de l’autre est un élément capital du cinéma d’aujourd’hui. Ils nous étouffent, ils n’illustrent plus, ils dominent. Comme s’il était nécessaire dorénavant, pour n’importe quel scénario et quelle que soit l’histoire, de présenter le sexe dans sa quotidienneté ou son paroxysme, hétérosexuel ou homosexuel (tendance actuellement très en vogue) et la violence dans ses détails et modalités les plus ostensibles. L’humanité est réduite à ce type d’attitudes.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article30653

Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog