Par Joie Des Mots
La profession bat le rappel afin de faire renaître l'arbrisseau provençal, mis en péril par une petite cigale.
La lavande, c'est un peu la Joconde de la parfumerie dont on pense connaître, par cœur, l'expression rassurante, sans exubérance. Pourtant, en changeant d'angle, apparaît une facette inédite, un trait singulier. Bien sûr, dans l'imaginaire collectif, la plante à fleurs mauves reste ancrée dans la notion d'hygiène, jusqu'à son étymologie – du latin lavare, laver – puisque les Romains l'employaient déjà dans leurs bains. Plus tard, les bien nommées lavandières en parfumaient encore le linge. On la retrouvait également dans les carrés des simples, ces jardins de monastère destinés à soigner, tout comme dans la recette du savon à barbe, autant pour son sillage que pour ses vertus cicatrisantes. En 1882, un premier sent-bon masculin, Fougère Royale de Houbigant, l'exempte de sa mission médicinale et lui réserve une place majeure dans une nouvelle famille olfactive qui fera date : la fougère (notes lavandées, boisées, coumarine, mousse de chêne...). C'est la variété endémique que l'on trouve en Haute-Provence, appelée « lavande population », que les nez exploitent au début du siècle dernier. Et la parfumerie de la renommer « lavande fine » – à ne pas confondre avec le lavandin, hybride à l'arôme plus rustique, fusant et camphré, qui règne sur nos lessives et savons. Petite et délicate, elle se cultive au frais en montant vers les coteaux des Baronnies provençales ou de la vallée de la Roanne (Drôme).
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog