Par Joie Des Mots
A Rikuzentakata, dans le nord-est du Japon, en panse encore les blessures du tsunami de mars 2011. Si la reconstruction est lente, elle impulse une énergie incroyable à de jeunes entrepreneurs trentenaires qui se battent pour relancer l'économie locale. S'appropriant des marchés jusqu'alors peu explorés au Japon, comme le vin.
Takehiro Oikawa, 36 ans, travaillait dans un cabinet d'audit avant le tsunami. Il y a 2 ans, il a créé un vignoble. "J'ai eu envie de lancer une activité porteuse pour ma région. Le vin se marie bien avec les fruits de mer, la spécialité locale".
Ce breuvage a le vent en poupe au Japon. En effet, aujourd'hui, le vin se vend moins bien que la bière, mais mieux que le saké. "Nous avons baptisé le domaine Three Peaks, en référence à notre côte, Sanriku".
Three peaks winery n'est pas le seul vignoble de Rikuzentakata. Les vignes Kanda produisent du vin et des jus de fruits depuis 1905. Ce fut le premier domaine du Tôhoku a commercialiser cette boisson au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il y a 5 ans, lorsque le tsunami s'est abattu sur la côte, il a détruit un tiers de l'exploitation, arrachant la plupart ds vignes qui avaient été plantées par les ancêtres d'Akhiro Kumagai.
Devant le désastre, le jeune homme de 32 ans a immédiatement retroussé ses manches espérant que les habitants de sa ville pourraient "utiliser ce vin pour trinquer, une fois cicatrisés" a-t-il expliqué.
Deux mois seulement après le passage du tsunami, de nouvelles vignes sortaient déjà de terre. Cette cuvée, en vente depuis janvier et entièrement issue des vignes plantées après la catastrophe, a été baptisée Rias, du nom du littoral de Rikuzentakata, connu pour ses contours irréguliers et ses jolis points de vue.
Jeanne Takada pour ouest-france du 6/3/2016

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