Par Joie Des Mots

Qu'il soit encourtiné de brocart ou de serge,
Triste comme une tombe ou joyeux comme un nid,
C'est là que l'homme naît, se repose et s'unit,
Enfant, époux, vieillard, aïeule, femme ou vierge.
Funèbre ou nuptial, que l'eau sainte l'asperge
Sous le noir crucifix ou le rameau bénit,
C'est là que tout commence et là que tout finit,
De la première aurore au feu du dernier cierge.
Humble, rustique et clos, ou fier du pavillon
Triomphalement peint d'or et de vermillon,
Qu'il soit de chêne brut, de cyprès ou d'érable ;
Heureux qui peut dormir sans peur et sans remords
Dans le lit paternel, massif et vénérable,
Où tous les siens sont nés aussi bien qu'ils sont morts.
José-Maria de Heradia
La première fois où j'ai dormi dans la maison où je vis, dans la chambre où avaient été exposées les deux générations qui m'avaient élevée, aimée, entourée, dans le lit où mon père, le dernier, était mort, quand j'ai fermé les vieux volets de fer dont je connaissais tant le bruit, je me suis dit que cette sacrée première nuit allait être difficile. Non, ce fut une nuit paisible et douce. Une page se tournait et elle promettait d'être sereine.
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