Par Joie Des Mots
Par Pierre Jouventin [1]
Comme Internet, l’écologie est victime de son succès. Son image se brouille, est détournée ou prête à confusion. Les scientifiques de l’écologie (discipline créée en 1866) préfèrent se faire appeler ‘écologues’ pour ne plus être confondus avec les ‘écologistes’ politiques. Les technologies douces sont l’espoir du capitalisme ‘durable’ mais la hantise des ‘décroissants’. Du moins est-il clair que Total, Areva et les industries modernes essaient de repeindre en vert leur côté sombre. Mais que penser des fédérations de chasse qui ont obtenu de l’Éducation Nationale des conventions pédagogiques comme associations de défense de la nature (dont ils sont, parait-il, les jardiniers) et de la faune (qui ne se régulerait pas sans eux). Sans doute l’agriculture de la FNSEA n’est-elle pas celle de la Confédération Paysanne, mais les deux fédérations sont d’accord pour demander l’abattage du loup qui est revenu en France discrètement et cause du tort aux éleveurs de moutons sans que l’on sache le plus souvent s’il s’agit de chiens errants. Il est vrai que la biodiversité d’un maraicher ou d’un éleveur –même s’il est devenu député vert comme José Bové- n’est pas celle d’un naturaliste ou d’un ami des bêtes.
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