Par Joie Des Mots
Cholet, la capitale du mouchoir, fabriquait encore 60 % de la production nationale en 1983, mais elle était tombée à 150 000 douzaines de pièces par an et ne cessait de chuter. Les Établissements Turpault, dernier fabricant du pays des Mauges, ont fermé ses portes en 2003.
Le musée du Textile choletais a judicieusement sauvé une machine à tisser et employé un ancien technicien pour tisser entre 30 000 et 40 000 petits mouchoirs rouges par an. Mais cette petite production ressemble déjà à de l’archéologie industrielle…
Chez les utilisateurs de mouchoirs, la fracture est nette, générationnelle. La plupart des moins de trente ans n’ont jamais vu leurs parents acheter un carré de tissu. La jeunesse ne jure que par la version cellulose. Le repassage, tâche ménagère mal partagée dans le couple, le coût de la fabrication du tissu et de la confection, la fin des trousseaux de mariage et la course à l’hygiène auront sûrement raison du mouchoir en tissu au XXIe siècle. À moins que le consommer local et la mode du durable ne le sauvent in extremis ?
http://www.cholet.fr/Xdossiers/dossier_7_le+mouchoir+cholet.html

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