Par Joie Des Mots
Saint-Philibert, un petit vapeur de 32 m de long sur 6 de large , d’ordinaire il fait la liaison entre Pornic et l’île de
Noirmoutier, le 14 juin 1931 il part de Nantes avec des ouvriers de l’Union des Coopératives, accompagnés de leur famille, conviés à une partie de campagne sur l’île. Ils sont près de 500
(y compris 50 enfants) à s’entasser sur le navire. C’est trop, beaucoup trop pour un si petit bateau, le double de sa capacité. Malgré une surcharge évidente, le commandant Ollive appareille dans
la matinée et gagne lentement le port de l’Herbaudière. Il n’y a que sept hommes d’équipage. Le temps est incertain.
Une petite fête a lieu sur l’île, près du Bois de la Chaize et dans l’après-midi c’est le retour. Le temps s’est gâté. 28
personnes, inquiètes, décident de rester sur l’île. Le commandant Ollive s’en tient au programme établi, à 17 h, il rentre…
Dans la Baie de Bourgneuf, le Saint-Philibert est immédiatement malmené par une mer très dure, levée par un vent violent.
Devant la Pointe Saint-Gildas le vent d’ouest monte encore, les passagers trempés d’embruns se réfugient brusquement à l’abri du vent. Des centaines de personnes, passent d’un bord à l’autre (de
bâbord à tribord) occasionnant une gîte conséquente. Une vague couche le malheureux bateau, qui chavire , une grappe humaine est précipitée à la mer. Dans la panique générale les gens
s’accrochent à la quille , combien sont perdus ? On l’ignore. Pourtant, en quelques instants, le navire se redresse légèrement mais une seconde vague, énorme, ne lui laisse aucune chance.
Le vapeur se retourne quille en l’air et sombre définitivement. Il est dix-huit heures trente, les guetteurs du sémaphore de la pointe Saint-Gildas assistent impuissants au drame. Les secours
n’arriveront que vers vingt heures,; il n’y aura qu’une cinquantaine de survivants.
L’affaire aura un retentissement national, plus de 400 morts, on n’en connaîtra jamais le nombre exact…
On a renfloué l’épave du Saint-Philibert,Ce drame aura des conséquences inattendues : du jour au lendemain, plus personne ne
veut du poisson de Houat et Hoedic, supposé anthropophage, les pêcheurs sont sans ressources, certains obligés de quitter leur île pour travailler ailleurs, d’autres renoncent au métier. La
misère…
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