Par Joie Des Mots

Il est temps que je parte.
Je connais un pin qui se penche sur la mer.
À midi, il offre au corps fatigué une ombre mesurée comme notre vie,
et le soir, à travers ses aiguilles,
le vent entonne un chant étrange
comme des âmes qui auraient aboli la mort
à l’instant de redevenir peau et lèvres.
Une fois, j’ai veillé toute la nuit sous cet arbre.
À l’aube, j’étais neuf comme si je venais d’être taillé dans la carrière.
Si seulement l’on pouvait vivre ainsi !
Peu importe.
Georges Séféris
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