Par Joie Des Mots
Par Aymeric Caron
Je n’aime pas les animaux. Je les respecte, tout simplement. L’amour est un sentiment parfois irrationnel, une inclination subjective, une expression trop passionnelle pour être tout à fait sensée. Mais si je ne mange pas d’animaux, si je refuse de consommer des produits issus de leur souffrance, si je m’oppose à leur détention et si je milite pour la fin de la chasse et de la corrida, ce n’est pas en raison d’une sensibilité exacerbée à leur égard. Seule une exigence de cohérence et de justice motive mon refus de tuer et de faire souffrir un animal.
Avant de sauter dans un lac pour sauver un homme en train de se noyer, vous ne vous demandez pas si vous aimez cette personne. Le médecin et le pompier n’ont pas non plus besoin d’aimer les individus auxquels ils viennent en aide : ils agissent en fonction de leur conscience et de leur sens des responsabilités. Il n’y a pas d’affect dans leur comportement. La raison n’empêche pas la compassion, au contraire, on peut même être sûr qu’elle l’encourage. Mais la compassion que j’éprouve pour tous les animaux est proportionnelle à celle que j’éprouve pour l’espèce humaine. Je suis antispéciste . C’est-à-dire que je considère qu’il n’y a aucune justification à discriminer un être en raison de l’espèce à laquelle il appartient. Autant le préciser tout de suite : l’ antispécisme n’est pas juste un cri de défense en faveur des animaux maltraités. Il est un combat social pour l’égalité, qui présente la particularité de dépasser le simple cas des humains. L’antispécisme est donc en réalité un nouvel humanisme, qui reconnait notre parenté avec les autres espèces animales et qui en tire les conséquences. La proposition peut paraître audacieuse. Mais elle ne fait que suivre une évolution logique.
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