Par Joie Des Mots
Deux hommes ont beaucoup compté dans l’histoire du jardin : Maximilien Siffait l’auteur supposé et son
fils Oswald. Que penseriez-vous d’un receveur des douanes qui au départ, bâtirait des murs de forteresse pour ne rien défendre, mais qui ornerait ces mêmes murs de fausses fenêtres et qui
aménagerait des terrasses de couleurs différentes. Vous penseriez sans aucun doute qu’il est fou. Rassurez vous, d’autres l’ont fait avant vous, d’où le nom de ce lieu.
Maximilien naît à Albertville en Savoie, il achète le château de la Gérardière en 1816. Rien ne le prédispose à créer un
magnifique jardin. On imagine aujourd’hui qu’il s’agit d’un acte d’amour, d’abord envers sa femme ensuite envers sa fille qui hélas, l’une et l’autre vont mourir avant l’inauguration de cette
folie prévue pour les 18 ans de Jeanne-Louise.
Son fils Oswald, est né en 1813 héritier de la Gérardière et du jardin situé à 500 mètres du château, lui est un passionné
d’horticulture.
En 1845, la construction de la ligne de chemin de fer Paris Nantes, bouscule le jardin, il est amputé d’au moins deux
terrasses dans le bas. Le T.G.V. Atlantique (couleur gris bleu), circule sous les folies Siffait dans un tunnel creusé dans la colline. En 1984, est née l’idée de sauver le jardin laissé à
l’abandon, mais qui, depuis 1942 faisait l’objet d’un arrêté le classant « site protégé ».
Avec la mairie du Cellier, et le concours de différents Organismes, un projet de réhabilitation est engagé. La restauration
privilégie le caractère mythique, onirique et magique des lieux.
Le jardin suspendu est composé de vingt-trois terrasses, elles sont soutenues par des murs en pierres sèches qui peuvent
atteindre douze mètres de haut, le tout relié par des escaliers qui descendent vers la Loire. Longtemps laissé à l’abandon, les travaux de rénovation sont importants.
La végétation y est abondante : chênes, robiniers, érables, frênes, ormes, charmes, sans oublier les châtaigniers et les
tilleuls. Les conifères de jardin y sont très bien représentés, s’intégrant parfaitement au paysage constitué de niches, de fausses portes et fenêtres peintes en trompe l’œil sur les murs de
soutènement. Suivant la saison, de très beaux massifs de fleurs, le tout sous une voûte végétale ajourée ça et là que constituent les grandes branches de marronniers ou des cyprès du Colorado.
Ici on vient d’abord pour le calme et le repos, mais en laissant libre cours à son imagination.

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