Par Joie Des Mots
Avant, il n'y avait pas de jardineries.
Il y avait Vilmorin-Andrieu et ses catalogues et dans tous les quartiers ... un grainetier.
Quand j'accompagnais mon grand-père chez le Père Moreau, je trouvais cet endroit étrange, une ôdeur aussi.
C'était un lieu d'hommes. Plein de petits bacs avec des graines que je ne connaissais point ...
Et puis, pour les jardins des dames, il y avait les graines qui tombaient toute seules des fleurs ou qui étaient mises soigneusement de côté pour l'année suivante dans des petits sachets.
Pour plus important, il y avait les "tours de jardins" ... on se promenait à la queue-leu-leu dans les allées, commentant chaque plante et quand elle était inconnue de notre jardin on prenait une bouture ou un petit pied dernier né qu'on enveloppait de papier journal humide et qu'on remportait religieusement chez nous ... et quand on faisait "nos tours de jardin" on se disait c'est l'aucuba d'untel, l'althéa d'un autre ... c'était un bien joli temps de partage ...

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