Par Joie Des Mots
Par Philippe Bilger
Sur la terrasse d’un hôtel à Athènes, Arnaud Montebourg est allongé sur un transat, Aurélie Filippetti, sa compagne, est debout, enceinte. Il y a des gens autour d’eux. C’est la couverture de Paris Match. Le 30 juillet, Aurélie Filippetti a fait assigner cet hebdomadaire, par l’excellent avocat spécialiste qu’est Vincent Tolédano, pour atteinte à l’intimité de la vie privée et violation du respect du droit à l’image. On peut préjuger à coup sûr. L’ancienne ministre fera condamner Paris Match et la seule incertitude portera sur le montant des dommages-intérêts et la publication ou non de la décision.
Depuis longtemps, je dénonce la bonne conscience avec laquelle des juridictions spécialisées de la région parisienne s’en donnent à coeur joie et font de la vie privée et de l’image, en se fondant sur un article du Code civil qui n’exige pas la démonstration d’un préjudice, une véritable rente, l’opportunité de profits renouvelés pour des personnalités qui ne sont pas parmi les plus misérables. Cette jurisprudence, dans une connivence totale entre ceux chargés d’appliquer un Droit trop laxiste et ceux qui recueillent ses bénéfices, refuse d’avoir la réflexion qui conviendrait sur les paradoxes et les dérives d’actions engagées, en quelque sorte mécaniquement parce qu’assurées de n’avoir même pas à convaincre pour gagner. Une sorte d’univers qui est la bonne conscience prétendument humaniste et apitoyée à contre-emploi d’une justice ailleurs sans concession et éprouvante.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29078

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