Par Joie Des Mots
Par Philippe Bilger
Entre le quinquennat de Nicolas Sarkozy et les trois ans du mandat de François Hollande, il y a malheureusement une forte similitude : le président de la République n’a plus été, n’est plus une personnalité qu’on respecte. À force de vouloir nous ressembler, et pas assez à la charge qu’on avait eu l’honneur de leur confier, l’un et l’autre ont perdu en majesté et rien gagné en humanité.
Car celle-ci, pas plus que la fraternité authentique, n’a à voir avec une familiarité fabriquée et avec une proximité insincère. Elles sont un compagnonnage authentique fondé sur la confiance qu’on a reçue et qui oblige, sur la conscience de la solitude de sa charge, de la grandeur et de l’allure qu’elle implique, de la tenue qu’elle nécessite, de la rareté qu’elle devrait imposer. Rareté de soi d’abord qui est aux antipodes de ces tours de France de bateleurs, de ces incursions en province comme si les profondeurs de leur pays étaient à découvrir et ce dernier à parcourir et à déchiffrer comme un rébus. Ou alors ce serait à désespérer d’eux et aussi de notre choix.
Rareté de la parole présidentielle qui doit être libre, vraie, authentique et respectueuse mais qui, profuse et mécanique, deviendra forcément mensonge, manipulation et routine. Elle ne s’imprimera plus dans les esprits alors que, retenue et essentielle, elle serait attendue, presqu’espérée. Éthique de la fonction présidentielle, avec l’acharnement de servir jusqu’à la fin de son mandat sans laisser, trop vite, trop tôt, l’ambition personnelle prendre la relève de l’exigence démocratique et le souci de la reconquête celle du devoir et de l’ascèse. La morale, ce doit être un pour tous et non tous pour moi.
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