Par Joie Des Mots
Par Jean-Luc Porquet
Croyez-en Stéphane Boussoreille de Ribou, ancien officier d’infanterie récemment bombardé sous-préfet à Nantes afin de suivre spécialement le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : la ZAD, ça commence à bien faire. « Nous sommes dans une zone où le Droit de la République ne s’applique pas, cela n’est pas acceptable dans la durée ». Et d’expliquer qu’il suffirait de 2 000 à 3 000 gendarmes mobiles sur une période assez longue pour sécuriser la zone.
Une période assez longue… Six mois ? Deux ans ? En tout cas l’homme est prêt à envoyer ses troupes selon Presse Océan : « Son bureau arbore des petits airs d’état-major, avec des cartes du département épinglées sur les murs. Le nom de Notre-Dame-des-Landes y figure en gros caractères. » Et, comme ce 17 juillet, le tribunal administratif de Nantes vient de rejeter les 17 recours des opposants, tous les espoirs lui sont permis. Triomphant, le Premier ministre Valls a d’ailleurs profité de ce jugement pour annoncer aussitôt la « reprise des travaux ».
Ses services ont fait savoir que le déboisement pourrait débuter dès le mois de novembre. Quel admirable sens du timing ! Suggérons à Valls de lancer les travaux le 30 novembre, le jour même où démarrera la fameuse COP21, la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris. Ce sera l’occasion de montrer à la planète ébahie le savoir-faire français en matière d’écologie positive. Car cet aéroport, on le sait, se veut très vertueux, très écolo, pas bruyant du tout, très amical avec les oiseaux, très durable, très Jean-Vincent Placé, très exemplairement vert, au fond.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article29021

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