Par Joie Des Mots
Qu’importent les mots pour le dire – débâcle, débandade, fiasco – quand l’échec patent des « élites », qui fait la une des journaux, ne conduit qu’à stigmatiser les peuples qui s’en donnent à cœur joie de bousculer les pronostics. Le plus extraordinaire dans cette histoire est ce qu’elle révèle quant à la conception de la démocratie desdites élites, toujours prêtes à encenser l’Autre tant qu’il n’est qu’un clone inoffensif du Même, mais beaucoup plus réticentes dès lors qu’elles prennent l’altérité en pleine gueule, comme ces derniers temps. Mais une « élite » qui n’a rien vu venir, n’a pas su prévenir, et qui de plus s’insurge contre le verdict des urnes, n’apporte-t-elle pas la preuve qu’elle a usurpé ce titre ?
Il faut pourtant être bien aveugle pour ne pas voir que la montée du « populisme » n’est jamais que l’envers trivial de l’admiration éperdue, de l’estime inoxydable que se portent à eux-mêmes et que s’accordent entre eux les membres de la caste qu’on nomme on ne sait plus trop pourquoi « élite », aujourd’hui prise en flagrant délit d’insignifiance et d’incompétence.
http://www.causeur.fr/lannus-horribilis-des-elites-2016-41661.html#

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