Par Joie Des Mots
Depuis l’annonce par Emmanuel Macron d’un probable déconfinement le 11 mai, le débat va bon train sur le maintien de l’« assignation à résidence » des personnes à risque dans le cas d’une contamination par le Covid-19. Ce débat tourne même à la polémique, non seulement dans les populations concernées, mais également chez les sommités scientifiques, comme l’illustre le duel qui, par le truchement des médias, oppose Jean-François Delfraissy à Axel Kahn…
A partir du 11 mai, « les personnes d'un certain âge, donc au-dessus de 65 ou de 70 ans » devront rester confinées après le 11 mai. Et pas seulement elles : seront également concernées par la prolongation sine die du confinement « les personnes qui ont des infections de longue durée, qui ont des multi-pathologies, insuffisances respiratoires, cardiaques, etc. » Sans oublier « les sujets jeunes ayant une pathologie », de même que « [les] obèses, parce que c'est un facteur de [risque accru] pour les formes graves ». Des préconisations en forme d’injonctions que le Pr Delfraissy, toujours sur un ton égal dans la forme, mais péremptoire sur le fond, a conclues ainsi : « De toute façon, nous avons à la sortie du confinement 18 millions de personnes qui sont à risque d'être contaminées et de continuer à développer une forme grave. Donc ces 18 millions de personnes, ce n'est pas un scoop, continueront le confinement. »
Autre cloche, autre son avec le Pr Axel Kahn. Ce généticien de renom et humaniste respecté, est à son tour intervenu dans les médias par l’intermédiaire d’Europe 1 à qui il a donné une interview le jeudi 16 avril. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il n’était pas du tout sur la même ligne que son « ami » (sic). Certes, le Pr Kahn a commencé par un préambule consensuel : « Jean-François Delfraissy a tout à fait raison d’avertir les personnes d’un certain âge qu'elles font partie des personnes à risque, et [de] leur donner des conseils ». Mais c’était pour mieux porter l’estocade en prenant aussitôt le contrepied des propos du Pr Delfraissy en évoquant un obstacle juridique : « Si cela devait aboutir à une mesure administrative faisant que ces personnes, au-delà d’un certain âge, d’un certain poids, d'un certain nombre de mois de grossesse, [aient] une amende si elles sortaient de chez elle, ce ne serait pas possible : ce serait anticonstitutionnel. » Une inconstitutionnalité également évoquée, ici et là, par des juristes, notamment dans les associations, vent debout contre une « discrimination » potentiellement périlleuse pour leur survie, eu égard au fort engagement des personnes âgées dans la vie associative.
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/11-mai-2020-quid-du-maintien-en-223376

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