Par Joie Des Mots
Par Philippe Bilger
Le 9 février 2017 je publiais un billet : "François Fillon, sortez par la grande porte !" Aujourd’hui je n’aurai rien à y ajouter ou à y retrancher, sauf que la solution que je proposais est devenue inconcevable. On ne va pas changer de candidat alors que nous sommes à moins de deux mois de l’échéance présidentielle et que François Fillon, avec un courage suicidaire pour la droite et le centre, affirme qu’il "ne se retirera pas et ne cédera pas" et laissera au peuple le soin de trancher son sort.
Il avait déclaré que mis en examen il jetterait l’éponge, ce qui il y a quelque temps lui apparaissait comme une évidence éthique, une salubrité démocratique. Il va être mis en examen, dans l’affaire des présumés emplois fictifs, le 15 mars, dans des conditions de rapidité procédurale qu’il a dénoncées. Incriminant une enquête "à charge", il a ciblé "un État de Droit systématiquement violé et déploré un assassinat politique, non seulement de sa personne mais de l’élection présidentielle, de la démocratie". Il en est à ce point critique où son maintien lui apparaît, pour sa dignité, plus nécessaire que la victoire de son camp avec un autre. On n’a surtout pas à se moquer de cette défense outrancière certes mais pathétique. Il est fréquent en politique - mais c’est un signe de faiblesse - de pointer un complot quand la justice s’approche de vous et qu’elle fait peser des présomptions d’infractions. Il est plus difficile de récuser celles-ci que de s’en prendre à l’institution judiciaire.
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