Par Joie Des Mots
Par Gérard Charollois
Née dans la guerre d’Algérie en période de décolonisations douloureuses et sous l’égide d’un homme d’exception qui avait épousé la France et l’Histoire, la Constitution de la Vème République voulut renforcer l’exécutif et rompre avec le régime dit d’assemblées. Le régime était parfaitement adapté aux conditions du temps. Aujourd’hui, cette monarchie élective est absurde, obsolète, décalée, inadaptée aux exigences démocratiques d’une société qui n’est plus celle de 1958.
L’absence de scrutin proportionnel pour la désignation des députés prive 75 % des Français ayant voté lors du premier tour de la présidentielle contre le candidat du « libéralisme économique » d’une véritable représentation et confère à un individu tous les pouvoirs : la fonction présidentielle, le gouvernement, l’Assemblée Nationale, le Sénat, la presse en sa globalité et la finance qui contrôle les médias et qui l’a fait roi. Voilà à quoi se réduit la démocratie française. Le fait que les élections législatives suivent de quelques semaines l’élection présidentielle assure une majorité docile et soumise au président quel qu’il soit, ses dévots étant élus sous son nom, son parrainage et donc son absolue autorité. Sa majorité de petits soldats ne comportera ni frondeurs, ni personnalités fortes et déviantes. Les oppositions ne recueilleront mécaniquement que quelques sièges les privant de toute capacité d’intervention sur les choix fondamentaux en ne leur conférant qu’un pouvoir tribunicien.
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