Par Joie Des Mots
« Moi, je suis condamnée à perpétuité. » Via Le Figaro, Christelle Gervaise, la veuve d’Alban Gervaise, médecin militaire tué devant l’école privée de ses enfants de plusieurs coups de couteau à Marseille en mai 2022, lance un cri d’alarme. En février dernier, la seconde expertise psychiatrique est venue confirmer « l’abolition totale du discernement » de Mohamed L., le meurtrier présumé. Aujourd’hui hospitalisé en psychiatrie au sein d’une unité pour malades difficiles (UMD), il pourrait, à l’issue de l’enquête, être déclaré pénalement irresponsable et ne jamais être jugé. « S’il est déclaré irresponsable, il peut être dehors dans un ou deux ans et je n’aurai aucune information sur le devenir de celui qui a tué mon mari », s’inquiète Christelle Gervaise. Alors que l'instruction se poursuit, l’épouse d’Alban Gervaise s’interroge : « S’il est complètement délirant, pourquoi a-t-il été placé en garde à vue ? […] Comment être sûr qu’il n’est pas en train de simuler pour ne pas être condamné ? ». En mars 2023, une expertise psychologique évoquait déjà la possibilité que le prévenu simule la folie pour se soustraire au procès.
« Double peine »
Ce verdict d’irresponsabilité pénale est redouté par toutes les familles de victimes. Au mois d’octobre 2022, quelques jours après le meurtre de la petite Lola à Paris, Patrick et Colette Fuseau ont écrit une lettre à la presse locale. Cinq ans plus tôt, leur fille Marina était poignardée à mort par une Guinéenne de 21 ans. « Les expertises psychiatriques ayant prononcé une irresponsabilité pénale, malgré la préméditation, nous n’avons pas pu obtenir de procès », racontent-ils. Et de demander : « [Les parents de Lola] devront-ils subir comme nous la double peine ? ». Interrogé ce 6 octobre par Factuel, Jordan, l’un des frères de Lola, refuse de croire à cette éventualité et espère que « justice sera faite » pour sa petite sœur. « J’ai confiance en la justice, j’espère que les juges ne nous décevront pas. […] C’était mon unique sœur. Elle me manque beaucoup », explique le jeune homme qui « ne pense pas que [la suspecte] soit folle au sens clinique du terme ». Si la première expertise psychiatrique rendue en décembre dernier affirmait que Dahbia, la présumée meurtrière de Lola, ne souffrait d’aucun trouble psychique ayant pu altérer son jugement au moment des faits, son récent placement en UMD pourrait conduire la défense à réclamer une contre-expertise pour contester les premières conclusions. Sans jugement, Jordan, qui assure avoir besoin du procès « pour guérir », sera alors contraint de vivre avec des questions sans réponses. Mais pour l'heure, l'hospitalisation de la suspecte ne remet pas en cause la responsabilité pénale.
https://www.bvoltaire.fr/alban-gervaise-lola-megane-le-cri-de-detresse-des-familles-de-victimes/


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