Par Joie Des Mots
Par Jean-Luc Gasnier
La scène se déroule dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ephad) à Bry sur Marne. Face aux infirmières, face aux aides-soignantes qui lui parlent de la pénibilité de leur métier, de la dégradation continuelle de leurs conditions de travail, de leurs horaires à rallonge, du stress, etc., François Fillon écoute, l’air grave mais visiblement agacé par cette avalanche de récriminations.
Tout ce bruit finit enfin par s’éteindre. Et le candidat, déposé là, en milieu hostile, dans le cadre de « L’Émission Politique » de France 2, explique alors, condescendant, que l’hôpital vit au dessus de ses moyens, que cela ne peut continuer, qu’il va falloir travailler plus et dépenser moins. Face au petit personnel de santé payé au SMIC, le châtelain de la Sarthe, si peu soucieux des deniers publics quand il s’agit de rémunérer sa famille, sort la calculette comme arme suprême. François Fillon, le plus endetté des candidats, le plus contraint par tout son réseau d’amis dont il est l’obligé, brandit la dette publique comme dernier argument, l’argument indépassable, celui qui ne peut souffrir aucune contestation. L’entrevue est terminée. Le monde du travail a bien compris qu’il se trouve confronté au mur de l’argent et que François Fillon est de l’autre côté du mur, dans un autre monde, dans un monde qui ne se préoccupe pas de la qualité des soins, du bien-être des malades et des personnels, mais de productivité, de « tarification à l’activité », d’équilibre des comptes... François Fillon vit dans le monde de l’argent-roi.
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