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Mal bouffe ...

Un rapport dur à avaler

50 00 tonnes.

C’est la montagne de viande de cheval que les Européens ont avalé pendant deux ans sans le savoir. L’estimation figure noir sur blanc dans le rapport de la mission d’information parlementaire sur la filière viande. Les sénateurs ont enquêté quatre mois pour essayer de comprendre comment on avait pu faire avaler aux Français, les yeux fermés, 800 tonnes de canasson dans des plats cuisinés estampillés 100 % pur bœuf… Et pourquoi les services chargés des contrôles n’y ont vu que pouic.

On le sait, c’est par hasard que les Irlandais et les Britanniques ont repéré l’arnaque... Les sénateurs n’ont pas eu longtemps à chercher : « La réduction drastique des effectifs de la Direction de l’Alimentation au ministère de l’Agriculture et de la Direction de la Répression des Fraudes – dont les personnels ont prouvé leur efficacité – est jugée très préoccupante dans la mesure où elle remet en cause leur capacité à exercer un niveau de contrôle suffisant ». Prenez les troupes de la Répression des Fraudes : en cinq ans, elles ont fondu aussi vite qu’une motte de beurre au soleil, soit 14 % d’agents en moins.

Résultat, dans certains départements, la sécurité alimentaire dépend d’un seul contrôleur ! N’y allant pas avec le dos du hachoir, les sénateurs réclament l’embauche de 500 fonctionnaires supplémentaires pour surveiller nos assiettes, un agrément pour les fameux traders de « minerai » de viande et, surtout, un étiquetage obligatoire pour que le consommateur sache enfin d’où vient la viande utilisée dans sa moussaka ou ses bolognaises. Les doux rêveurs…

Là où on perd un peu l’appétit, c’est quand on découvre ce paragraphe intitulé : « L’allègement des normes imposées à la filière, une impérieuse nécessité ». Dans ce morceau de rapport qui n’a rien à voir avec la choucroute, la mission propose, au nom du « choc de simplification » cher à François Hollande, d’alléger les procédures d’enregistrement pour tous les élevages porcins au-dessous de 2 000 cochons et de simplifier les conditions d’épandage du lisier…

Avec ce commentaire qui fera plaisir aux vacanciers qui pataugent dans les algues vertes : « La France tend à pénaliser ses producteurs en imposant des normes sanitaires ou environnementales excessives ou mal ciblées ». C’est du lard ou du cochon ?

Le Canard Enchaîné N° 4839 du 24 juillet 2013
Altermonde-sans-frontières

 
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