Par Joie Des Mots
Les flux migratoires ont échappé au contrôle. Ni le verbe présidentiel aussi abstrus qu’orné et creux, ni les usines à gaz visant à réguler lesdits flux, montées à la hâte et imposées à des citoyens désabusés, ne convainquent les Français : il n’est plus possible d’organiser l’accueil décent de populations qui fuient, de plus en plus nombreuses, leur pays d’origine. Le peuple sort de sa léthargie post Covid. Par la voix de ses maires que relaient quelques médias courageux, il commence à exprimer son désaccord quant aux hasardeuses menées gouvernementales. « Une âme morte est une âme complètement habituée », disait Charles Péguy. Mais l’âme française enfin s’étonne. Elle vit encore.
On vient d’apprendre que « l’État va ouvrir dix sas d’accueil temporaires régionaux » pour des milliers de sans-abris, principalement des migrants, afin de « désengorger les centres d’hébergement » d’Île-de-France. Ce programme qu’Élisabeth Lévy, sur l’antenne de Sud Radio, a nommé « SDF go home », parce que mieux vaut en rire de peur d’en pleurer, concerne toutes les régions exceptées les Hauts-de-France et la Corse, qu’on a dû imaginer peu réceptive à la louable démarche. Chaque « sas » installé dans des villes choisies par le gouvernement devra accueillir, pendant trois semaines, une cinquantaine de volontaires, venus d’Île-de-France, vivant dans la rue ou en situation d’urgence. Il s’agira alors, selon la prose technocratique, « d’étudier leur situation » puis de les « orienter », dans leur nouvelle région, « vers le type d’hébergement correspondant à leur situation ». Leur cas réglé, cinquante autres pions seront, à leur tour, accueillis dans chaque sas pour renouveler une opération dont on pourrait penser qu’elle vise à nettoyer Paris en prévision des Jeux Olympiques et de la Coupe du Monde de Rugby.
https://www.causeur.fr/migrants-dispatches-jeux-olympiques-centres-retention-administrative-261206

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