Par Joie Des Mots
Lorsqu'un noir dit vouloir protéger sa terre ancestrale chez lui, en Afrique, il est adulé.
Lorsqu'un blanc dit vouloir protéger son pays chez lui en France, on dit qu'il est facho.
Vivent les Français fiers de vouloir protéger notre France, la vraie.
Ndong Lilas
Yannick Noah, en dépit de prises de positions ringardes contre le Front national (jadis, c'était le ticket d'entrée dans le showbiz) et de participations à la Fête de l'Huma, m'a toujours semblé plutôt sympathique. Il a longtemps joué sur les clichés attachés aux Franco-Africains, comme dans sa chanson « Saga Africa », avant de s'attaquer au racisme : c'est de bonne guerre, après tout. Les Français sont passés, vis-à-vis des Africains de France, de la caricature grossière à la prosternation culpabilisée. Yannick Noah a bien fait de surfer là-dessus. Ultime preuve de ses bons côtés : à la mort de son père, il est retourné au Cameroun pour reprendre le village ancestral, dont il est le chef depuis 2017. Continuité, transmission, toujours à sa manière « cool » évidemment.
A écouter Yannick Noah faire, en hobereau camerounais, le tour de son village, de son école, de ses terres, avec une bonhomie naturelle et le souci de l'excellence, une pensée commence à naître. Elle se précise quand l'ancien tennisman prononce ces mots: « Mon destin, c'est de protéger ma terre, la terre de mes ancêtres, de la protéger et d'en faire quelque chose de cool, parce qu'à mon âge, c'est la transmission qui compte. » Cette pensée, c'est tout simplement celle-ci : pourquoi est-ce normal, et même bien vu par Brut, de vouloir protéger sa terre, la terre de ses ancêtres, d'en faire « quelque chose de cool » et de s'attacher à la transmission quand on est un Africain en Afrique ? Pourquoi est-ce soudain fasciste, nauséabond et rétrograde quand on est un Français en France ?
https://www.bvoltaire.fr/yannick-noah-protege-la-terre-de-ses-ancetres-mais-lui-il-a-le-droit/
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