Par Joie Des Mots
J'adorais, gamine, aller dans les marchés de Provence, en
période pré-noël, accompagner ma marraine pour acheter des santons ; elle était tellement passionnée qu'elle en a peint une farandole, artiste reconnue, d'un petit village désert en hiver et
bondé en été, qu'elle était. Il en existe de toutes tailles et de tous prix.
Celui qui m'a toujours marqué c'est le ravi, celui qui est touchant et attendrissant avec ses bras en l'air, s'émerveillant de tout. Il n'est pas comme je l'ai longtemps cru, l'idiot du
village, mais plutôt un homme qui s'extasie de tout et de rien, toujours heureux de ce qu'il voit. Il n'a rien à offrir, mais il est touché par la grâce de la naissance du Christ.
Dans le sud on l'aime beaucoup, son côté pauvre innocent étant attachant. Ce santon peut être accompagné de sa femme la” Ravido” et de son valet “l’Étonné”.
Vêtu de vêtements rapiécés, on dit qu'il faut le mettre en premier dans la crèche provençale car il porte bonheur, et aujourd'hui, après une longue attente, il accompagne fièrement le petit Jésus
qui est confortablement installé dans la crèche depuis minuit. Alors surtout ne l'oubliez pas, même si votre crèche n'est pas provençale.
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