Par Joie Des Mots
Après la fin du monde ...
Le soleil s’est relevé, indifférent à sa propre horloge biologique qui lui rappelle qu’il va lui aussi y passer un jour ou l’autre. Après la fin du monde, il y a un grand silence derrière la vitre jusqu’à ce qu’un oiseau chante, et qu’un parquet craque. Après la fin du monde, la pièce paraît anormalement grande. Le ficus fait la tronche.
Il devrait y avoir autre chose.
Des hélicoptères, un grand effondrement, des panneaux lumineux, un film catastrophe et que quelqu’un fasse quelque chose.
« - On va s’en sortir. »
Le pouvoir de quatre mots et d’un s apostrophe prend ma gorge et la serre. Je crois qu’il n’y a pas de plus grands mots. Sa voix résonne, avec pour écho mon désespoir atone. Ce qui passe ma gorge est à mi-chemin entre un enfant qui s’étrangle dans sa morve et un chaton dans une bouche d’égout. Ma bouche d’adulte article un comment qui ne s’accroche à rien, qui n’a pas de prise. Il n’y aucune solution. Aucune solution magique dans tous les cas.
« - On va trouver. Ça va aller. »
La promesse de ne pas être seul.
La promesse qu’on va trouver quelque chose, ensemble.
On va s’en sortir.
Ensemble.
Les seuls mots que j’ai jamais voulu entendre.
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