Par Joie Des Mots
La gratitude doit s'exercer à chaque moment, la réciproque s'impose naturellement".
D'après Cynthia Fleury, la situation nous invite à prendre conscience de façon très concrète, ce qu'est le soin et à dépasser ce qu'elle appelle "l'invibilisation sociale" de tous les acteurs mobilisés en première ligne : "pour une fois, soudainement, cette base constituante de la société est là, plus présente que jamais sous nos yeux : les métiers de la santé, tous ceux qui assument cette démocratie de proximité, permettent que l'activité, la solidarité, l'espoir continuent".
Cynthia Fleury en vient à interroger l'efficacité de l'État de droit dans la gestion pandémique considérant que "la crise sanitaire actuelle nous pousse à redécouvrir nécessairement son rapport à la faille systémique qu'elle met en question : elle nous montre la nécessité d'avoir une gestion démocratique, respectueuse malgré tout des libertés individuelles en ces temps extraordinaires ; c'est une drôle de complexité qui demande à concilier à la fois un état d'urgence sanitaire et l'Etat de droit".
Alors que les hôpitaux se trouvent actuellement dans une situation de surmenage inédite, d'où une mobilisation, un dévouement, un sacrifice qui rappellent quasiment ceux de la médecine de guerre, Belinda Cannone invite à "redéfinir la solidarité nationale que le virus met en question car celle-ci n'est pas qu'individuelle. C'est par exemple un système de santé qui devrait bien marcher et qui ne cesse de se démanteler complètement depuis 20 ans.
Aujourd'hui, les personnels soignants sont en première ligne et traduisent bien les manques de moyens de soigner autant qu'on le voudrait. On est en train d'apprendre qu'il faut réorienter les budgets vers l'école, vers la santé et non plus vers cette économie qui a construit une société consumériste folle.
https://www.franceinter.fr/societe/apres-le-confinement-et-la-crise-du-covid-19-quelle-societe-pour-demain

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