Par Joie Des Mots
Par Philippe Bilger
Depuis quelque temps, l’apparence triomphe et la superficialité domine. Le physique devient un argument et l’esthétique moutonnière s’impose. Réunissant, pour le meilleur et pour le pire, ce qui ne manifeste que peu ou prou, on est passé des idées aux corps, des concepts aux imperfections et des contradictions aux visages. Une certaine humanité se regarde et ne va pas au-delà de la peau et de l’allure immédiate, pour critiquer qui elle n’aime pas. On a parfois l’impression que les critères d’appréciation et de sélection ont été désertés par la compétence et la rigueur pour tomber dans une sorte de subjectivisme forcené et ébloui dans l’instant.
Quand on compare la désignation à l’unanimité de Mathieu Gallet il y a quelques mois par le CSA avec ses dérives ultérieures ou anciennes et la contestation permanente de ses choix et de sa gestion, on a le droit de s’interroger : a-t-il été choisi sur sa belle mine ou sur les qualités profondes qu’on lui prêtait ? Lors de la campagne pour les élections départementales, officiellement ou officieusement, sur les plans politique ou médiatique, un barrage s’est effondré. Je regrette que Nicolas Sarkozy, qui a pourtant pâti de tant de remarques disgracieuses et inconvenantes sur son apparence et sa manière d’être, ait lui-même lâché vulgairement la bonde sur le physique de Marine Le Pen.
Je déplore que des candidats du FN, peut-être discutables, aient d’abord été moqués sur leur tête avec une critique emplie d’une condescendance de classe.
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