Par Joie Des Mots
Par Fabrice Nicolino
Décidément ! Après Anne et Gérard, voilà qu’un autre lecteur - Daniel - m’envoie une note qui mérite amplement publicité. À nouveau, le Loup est menacé de toutes parts en France. Revenu naturellement d’Italie au tout début des années 90 du siècle passé, il tente de reconquérir quelques-uns de ses territoires historiques. Car le Loup a été partout dans ce petit bout de continent que les hommes appellent la France depuis une poignée de siècles. Et ces mêmes hommes l’ont éliminé à coups de fusils et d’appâts à la strychnine : vers 1920, il ne restait plus chez nous aucun de ces grands sauvages.
Je vais tâcher de ne pas radoter inutilement : la défense du Loup fait pour moi partie du bagage de route de tout écologiste. Et il sert de marqueur très sûr pour juger de l’état d’esprit des humains. J’ai souvent dit - et je maintiens - que des gens respectables, tel José Bové par exemple, ne pouvaient en même temps se prétendre écologistes et vouloir la mort de la Bête, pour une seconde fois. Dans le meilleur des cas, ces gens, aussi sympathiques qu’ils puissent être, ne sont que des environnementalistes. Ce qui compte à leurs yeux, c’est ce qui entoure, « environne » le domaine des humains, le seul à ne pas tolérer la moindre limite. Mais moi, qui défends l’existence de toutes les formes de vie, dont celle des hommes bien sûr, je vois bien ce que leur point de vue dissimule de refus définitif du sauvage.
Encore un mot, personnel. Des amis me demandent, en référence à mon message précédent, ce que signifie au juste des « nuages anthracite ». Eh bien, une violente bourrasque de tristesse et même de désespoir. Qui s’ajoute à des douleurs physiques parfois incontrôlables. Cela passera, n’est-ce pas ?
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article28642

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