Par Joie Des Mots
Par Philippe Bilger
On mesure le pire qu’on subit en matière judiciaire mais demain, qu’en sera-t-il ? Je rappelle que la politique pénale calamiteuse de la gauche au pouvoir et sa conception partiale et vindicative de la République - notamment caractérisée par l’exclusive stigmatisation morale de ceux qui n’ont pas la même vision intellectuelle et sociale qu’elle - ont tout de même laissé place à deux avancées significatives sur lesquelles je pensais qu’il serait difficile de revenir. D’une part, une courtoisie démocratique au bénéfice du corps judiciaire dont la mission respectée est fondamentale dans une République respectable. D’autre part, la liberté et l’indépendance des pratiques judiciaires, mieux garanties depuis 2012 que sous le quinquennat précédent.
Ce qui m’incline au pessimisme pour l’avenir est d’abord de constater que depuis l’élection de François Hollande, l’opposition n’en a pas profité pour, sérieusement et profondément, engager une réflexion sur la Justice et les rares réformes essentielles dont l’institution et donc les citoyens auraient besoin. Ensuite, à ma connaissance, parmi les candidats plausibles pour la primaire de 2016, seul Alain Juppé a annoncé la publication, le moment venu, d’un ouvrage consacré aux sujets régaliens que sont l’exigence de sécurité et sa mise en oeuvre, le rôle de la justice avec des perspectives et propositions opératoires. Enfin - et c’est infiniment plus préoccupant -, la validation des écoutes téléphoniques des échanges de Nicolas Sarkozy avec son avocat par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a suscité, dans le camp de l’ancien président, des réactions qui inquiètent.
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