Par Joie Des Mots

Par Philippe Bilger
Nicola Sirkis nous a dit ce que nous étions. Questionné par Laurent Delahousse (France 2) sur la Fête de la musique célébrée à l’Élysée, le chanteur d’Indochine est revenu sur les polémiques : "Il a reçu des artistes noirs, immigrés et homosexuels" commence-t-il avant de poursuivre sur les Français qui critiquent ce choix : "C’est une vieille France qui parle comme ça (...) c’est à la fois homophobe, raciste et c’est pas ce que nous avons envie d’entendre". La cause est entendue.
Le couple présidentiel est moderne, branché, progressiste et la majorité des citoyens qui, au-delà de la politique, ont été choqués par cet histrionisme au plus haut niveau, est forcément raciste, homophobe, décalée. On n’a plus envie de laisser la parole à cette France-là. Décidément elle ne parvient pas à être au goût du jour ! A-t-on le droit, pourtant, de s’élever contre ce procès expéditif qui fait s’allier la marginalité et le snobisme ? D’abord il est clair que le couple présidentiel surjoue l’allégresse. Je ne peux pas imaginer qu’il n’ait pas mesuré même fugitivement, malgré le jeunisme qui est son obsession au propre et au figuré, l’anomalie d’une telle représentation en un tel lieu. "Manu", je l’ai déjà écrit, n’est rien comparé à cette pantalonnade moins décontractée que ridicule. Et offensante pour les Français.
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