Par Joie Des Mots
Ma courte matinée s’écoule dans le jardin enchanté. Le noyer énorme porte mille et mille noix pleines. Et rien qu’à respirer l’odeur funèbre et forte d’une de ses feuilles froissées, mes yeux se ferment. Je m’accote à lui, qui protège le jardin et le dévaste, car la froideur de son ombre tue les roses. Qu’importe ? rien n’est plus beau qu’un arbre, - que celui-là. Au fond, contre le mur de la mère Adolphe, les deux sapins frères saluent de la tête sans rire, raides dans leur vêture sombre qui sert pour toutes les saisons…
La glycine qui escalade le toit a défleuri ses grappes charmantes… Inerte au pied du noyer, je m’écoute redevenir plante.
Colette

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