Par Joie Des Mots
Par Fabrice Nicolino
Loin dans la belle campagne française – l’Yonne profonde – on sert à boire au robinet une eau surchargée d’un pesticide dangereux pour la santé. Dans le silence et les filouteries coutumières. En novlangue, il s’agit d’une « variation de qualité ».
Il arrive parfois ce qui va être raconté. On reçoit un mail, on l’oublie deux ou trois heures, et puis on y revient. On commence à trouver cela intéressant. D’un côté, c’est banal. De l’autre, ça raconte bel et bien la façon dont les gens normaux et ordinaires sont traités chaque jour dans l’immense démocratie qui est la nôtre. Un jour donc, Priscilla Ferte appelle au secours. Elle est maraîchère bio dans un petit village de l’Yonne, Villeneuve-les-Genêts. Elle vient de recevoir un courrier de la Saur, l’un des grands de la distribution de l’eau. La lettre, datée du 18 février, est un pesant chef-d’œuvre. Il s’agit, selon l’objet, d’une « restriction de consommation sur le réseau d’eau potable ». À la suite d’une « variation de la qualité de la ressource en eau », il ne faut plus boire cette dernière, ni laver les légumes ou cuire des aliments avec. Une autre lettre, à suivre, annoncera « un retour à la situation normale ».
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article30847

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