Par Joie Des Mots
Alors que le spectre inquiétant de la deuxième vague de Covid-19 paralyse peu à peu la France en pleine pause estivale, rien ne semble ébranler les petites combines des “marchands de rêves” de l'Hexagone. Restauration, agriculture, Paris, province…Partout sur le territoire, l'esclavage moderne des travailleurs sans papiers continue.
Hélas, derrière la façade chaleureuse de “l'accueil” se cache une tout autre réalité. « Après avoir embauché le chef, ma directrice s'est construit un vaste réseau à partir de sa famille et de ses proches restés au pays. Petit à petit, les cousins, les beaux-frères et les amis sont arrivés en France pour travailler chez elle , explique Erwan, avec un rictus. C'est ainsi que la diaspora s'est organisée et avec elle l'empire de ma patronne. Grâce à cette main-d'œuvre corvéable à merci, elle a pu ouvrir plus de 21 restaurants en à peine quinze ans. »
Une expansion fulgurante qui ne se serait pas faite sans quelques petits arrangements avec la loi… Car, si les cuisiniers embauchés par la chaîne sont systématiquement régularisés, ils n'en restent pas moins traités comme des salariés de seconde zone. « Le chef s'est toujours senti extrêmement redevable envers ma patronne. À tel point qu'il accepte des conditions de travail qu'aucun Français ne tolérerait. » Le manager continue, grave : « Il en va de même pour tous les autres salariés des cuisines : ils ne comptent plus les heures supplémentaires non payées, acceptent des très bas salaires malgré leur ancienneté et n'utilisent jamais leur droit de retrait, même dans des situations dangereuses. Par exemple, tous les cuistots ont travaillé durant l'épidémie de Covid-19, malgré un haut risque de contamination dans les cuisines. »
Toutefois, d'après Erwan, les Tamouls n'accepteraient pas seulement ces conditions par reconnaissance envers leur employeur : « La plupart vivent dans la peur de perdre leur travail. Lorsqu'il y a un problème, on les entend se plaindre entre eux, très discrètement. Néanmoins, on sait qu'ils n'oseront jamais élever la voix. De plus, il est très difficile pour eux de s'organiser : chaque restaurant de la chaîne ayant un statut de microentreprise, la création d'un syndicat s'avère presque impossible. »
https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/sans-papiers-les-dessous-de-la-traite-humaine-mondialisee-122759
Salariés = papiers ? non freechti en taule !!!

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