Par Joie Des Mots
« Je crois que nous ne nous entendons pas sur l’article du peuple, que vous croyez digne d’être instruit.
J’entends par peuple la populace, qui n’a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait jamais le temps ni la capacité de s’instruire ; ils mourraient de faim avant de devenir
philosophes. Il me paraît essentiel qu’il y ait des gueux ignorants. Si vous faisiez valoir comme moi une terre, et si vous aviez des charrues, vous seriez bien de mon avis. Ce n’est pas le
manœuvre qu’il faut instruire, c’est le bon bourgeois, c’est l’habitant des villes ; (...) Quand la populace se mêle de raisonner, tout est perdu. » Lettre à Mr Damillaville, (1er avril 1766),
dans Œuvres de Voltaire, Voltaire, éd. Lefèvre, 1828, t. 69, p. 131
« À l’égard du peuple, il sera toujours sot et barbare (...). Ce sont des bœufs auxquels il faut un joug, un aiguillon et du
foin » : Lettre à Mr Tabareau, (A Ferney, 3 février 1769), dans Œuvres de Voltaire, Voltaire, éd. Delagrave, 1885, t. 69, p. 428
« Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit ; il n’est pas digne de l’être » : Lettre à Mr
d’Amilaville, (19 mars 1766), dans Œuvres de Voltaire, Voltaire, éd. Hachette, 1862, t. 31, p. 164
Article de Patrick Mignard
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