Par Joie Des Mots
Les français raffolent de la soupe industrielle. Ils en ingurgitent chacun 13,2 litres par an ! La soupe, c’est nature, bon pour la santé, fastoche à préparer et pas cher. Bref, un vrai plat tendance. Sauf qu’il y a un cheveu sur le potage.
Prenez le « bœuf-carottes aux vermicelles saveur à l’ancienne » de Maggi, avec de beaux morceaux de bœuf bien visibles sur l’emballage. Quand on scrute l’étiquette, lesdits morceaux se résument à un « jus de cuisson de bœuf » et les fameuses carottes ne dépassent pas 5,5 % du breuvage, lequel est essentiellement composé de semoule de blé dur, de fécule de pomme de terre, de sel (plus de 14 % !), de trois exhausteurs de goût (glutamate, inosinate de sodium et guanylate), de sucre, de caramel et d’une flopée d’arômes… C’est sans doute ce que Maggi appelle « accompagner ses consommateurs vers une alimentation équilibrée au quotidien »…
Zéro morceau de bœuf dans une soupe au bœuf, comment est-ce possible ? Tout simplement grâce à ce que l’on appelle dans le jargon le « code de la soupe ». Il y a six ans, le décret français sur les soupes qui réglementait depuis 1954 les recettes des potages industriels a été discrètement remplacé par un « code de bonnes pratiques pour les soupes, bouillons et consommés ». Dans le nouveau règlement, concocté de A à Z par le syndicat national des fabricants de bouillons et potages, est passé à la trappe l’article 5 du décret, stipulant qu’il est interdit de créer la confusion dans l’esprit de l’acheteur sur la nature ou la qualité du produit…
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