Par Joie Des Mots
Par Gérard Charollois
Les économistes et les petits personnages politiques ne diffèrent guère de ces victimes de la mode, servilement soumises aux caprices des vents qui passent. Le marxisme eut ses adeptes, naguère, omniprésents dans l’université, récitant les dogmes de l’économie d’infrastructure dont dépendait tout le reste, avec ses plans, son étatisation, phase devant conduire au dépérissement de l’État et à l’âge d’or des hommes nouveaux. Après une domination de la vie intellectuelle, jusqu’aux années 1980, le marxisme n’est plus de saison.
Voici, de nos jours, les élucubrations d’une autre secte, celle des adorateurs de l’entreprise privée. Ils veulent flexibiliser l’humain, pour l’adapter aux exigences du profit, le formater pour le bon fonctionnement de l’entreprise, seule pourvoyeuse d’emplois et de progrès pour ces récitants. Ils sont obsédés par la déréglementation, l’aspiration à une société marchande vouée au productivisme, à l’invitation à devenir riche, mythe soporifique pour les peuples. Leur ennemi est le salarié, toujours paresseux, privilégié, risquophobe et, horreur suprême, le salarié du secteur public avec son revenu garanti de 1 400 euros par mois. Il se trouve même une prétendue « gauche », pour célébrer cette religion abrutissante comme toutes les autres lorsqu’elles prétendent substituer, au doute salutaire, des certitudes révélées.
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