Par Joie Des Mots
Par Guillaume Erner
Le gouvernement grec demeure sourd aux bons conseils du non moins bon FMI. Les pauvres ne méritent-ils pas leur sort ?
La démocratie athénienne est née il y a plus de deux millénaires, mais pour Christine Lagarde elle n’est pas assez âgée. Voilà pourquoi la patronne du FMI a déclaré qu’elle était prête à négocier avec ce pays s’il y avait des « adultes dans la salle ». Les Grecs sont des enfants, leurs représentants sont donc immatures. – Mais hélas ! – l’économie est l’affaire des grandes personnes. Alors, puisque madame Lagarde n’est pas contente de la classe de grec, ces cancres, elle est contrainte de « hausser le ton », comme on le lit dans la presse.
Pourquoi les Grecs refusent-ils de vieillir ? Dans le Péloponnèse, même les retraités ne sont pas adultes ! Songez qu’ils touchent 600 euros par mois : à ces montants, il ne s’agit pas de pension, ce serait plutôt de l’argent de poche. Madame Lagarde a donc bien raison de les sermonner. À moins qu’elle ne soit dotée d’une mission secrète : inciter ce peuple à tenter une aventure radicale, fascistoïde ou tout simplement fasciste. Et quel peuple supporterait d’être traité de manière aussi condescendante ? Entre le parti FMiste et le populiste, le choix est vite fait. En évoquant l’immaturité des peuples, Christine Lagarde résume l’opinion des milieux financiers vis-à-vis de la multitude. Les Grecs n’auraient pas encore l’âge de raison, comme si le refus des conditions du FMI trahissait leur irrationalité. Pourtant, la colère grecque – et ses conséquences – semble parfaitement raisonnable : elle témoigne d’une logique imparable. Entre un peuple au bord du précipice qui refuse de faire un pas en avant et une institution qui lui demande d’avancer, qui est le plus raisonnable ? Depuis quand appauvrir les pauvres constitue une politique avisée ?
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