Par Joie Des Mots
Par Yann Fiévet
L’ennemi public numéro 1 est sous les verrous. Ouf, on a pu enfin respirer ! Toutes les polices d’Europe qui étaient à ses trousses pendant quatre mois devraient pouvoir souffler. Pas trop longtemps cependant afin d’éviter que notre angoisse ne retombe dare-dare. Vite, que l’on désigne un nouvel ennemi public majuscule à pourchasser. Nous sommes maintenant en effet dans l’attente impatiente de la fabrication d’un autre cerveau de la trempe de Salah Abdeslam. Oui, c’est bien de lui dont il s’agit. Vous l’aviez compris.
Les médias de masse avaient tellement pris soin durant la traque incessante de nous tenir régulièrement informé de l’infortune des vains limiers lancés à ses trousses. Eux, les médias, étaient fin prêts pour couvrir les suites immédiates de l’arrestation. Le 19 mars, veille du printemps, on frôla l’overdose médiatique. Toute la médiasphère était sur la brèche, à quémander la moindre miette fuitant des révélations supposées de l’interpellé. Il fut cependant mis rapidement au secret en une prison inviolable de Bruges. La gent journaleuse était déjà passée, feux de l’actualité obligent, à d’autes préoccupations quand se produisirent, le 23 mars, les attentats de Bruxelles.
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article30950
Rectifions enfin une chose : la France est bien en guerre - et sans que nous ayons vraiment donné notre accord – en Libye avant-hier, au Mali hier, en Syrie aujourd’hui. Cet esprit « va-t-en-guerre » n’a pas à inspirer la politique de sécurité intérieure. L’armée est une chose, la police en est une autre. Ainsi, voir circuler dans l’enceinte d’un lycée de la banlieue nord de Paris des soldats mitraillette au poing, comme en mars dernier, alors qu’il ne s’y passe rien d’inquiétant, devrait nous être insupportable. L’absence de réactions, sauf très isolées, en dit long sur les effets du bourrage de crânes ambiant. À quoi nous prépare-ton ?
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