Par Joie Des Mots
ParCharlotte d'Ornellas
Par les brèches d'un pays en décomposition, le discours racialiste des Indigènes de la République prospère. Et il y a de quoi s'inquiéter.
Les deux camarades de lutte tiennent une victoire. Quelques jours plus tôt, la chanteuse Camélia Jordana expliquait à la télévision publique - sans réaction immédiate - qu'en France, des hommes et des femmes « se font massacrer [par la police] pour nulle autre raison que leur couleur de peau » . Ce soir-là, elle se tient aux côtés d'Assa Traoré devant le palais de justice de Paris, face à des milliers de manifestants. De l'autre côté de l'Atlantique, un Afro-Américain vient de mourir de l'intervention d'un policier blanc et cette actualité étrangère offre aux militantes l'occasion d'établir un parallèle fallacieux : Adama Traoré, mort en 2016 à la suite d'une intervention de la gendarmerie, aurait été inquiété, arrêté, poursuivi et serait mort parce qu'il était noir. L'enquête contredit cette lecture raciale du drame ? Qu'importe, le storytelling fonctionne parfaitement. Dans la foulée, l'État français se couche : Christophe Castaner, alors ministre de l'Intérieur, explique que cette manifestation interdite ne sera pas sanctionnée : « Je crois que l'émotion mondiale, qui est une émotion saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s'appliquent. »
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