Par Joie Des Mots
Ce matin j’allume la télévision où je sélectionne BoFMerdia, non pas pour la chaîne elle-même, mais parce qu’y intervient Éric Zemmour, lequel semble enfin décidé à ne pas tomber dans les pièges grossiers tendus par les journaleux.
C’est Popoline de Mauvaiseherbe qui le reçoit, si l’on peut dire. Le sujet est la mort de Thomas, dont beaucoup de Français se souviendront du prénom et du visage enfantin pendant longtemps. Il est en fait davantage question de la manifestation de Romans-sur-Isère, où des flics ont tabassé sans retenue des gamins de 18 ans pour la plupart, aussitôt embastillés par des juges si cléments par ailleurs envers les racailles.
Popoline questionne Éric sur ce qu’il pense de cette manifestation de l’ultra-droite, comme ils disent, ce à quoi il répond que cette appellation, suivant extrême-droite suivant elle-même fascistes, est en fait un ultra-foutage-de-gueules. Il répond aussi que le vrai problème est la mort de Thomas. Elle insiste pour lui faire dire que les manifestants porteurs de divers objets pouvant servir d’armes est la même chose que les couteaux de 25 centimètres ayant servi à agresser des jeunes à la sortie d’un bal de village. Puis elle lui demande ce qu’il dirait à un jeune de cette ultra-droite qui serait prêt à en découdre. Éric répond habilement qu’il lui dirait de laisser la politique résoudre le problème. Personnellement, je doute de plus en plus qu’il puisse en être ainsi. Comment attendre de ceux qui rendent la France malade qu’ils la guérissent ? Mais Popoline veut lui faire dire autre chose. Éric s’agace et refuse de la suivre dans cette voie, lui précisant qu’il ne veut pas tomber dans le piège qu’elle lui tend. Elle insiste. Lui aussi, de façon ferme et déterminée. En fait, Popoline prétend placer sur le même plan les racailles venues « planter du Blanc » et les manifestants ayant pensé à se protéger pour entrer dans une cité de racailles où ils voulaient manifester leur refus de se laisser massacrer et demander justice pour Thomas. Il est singulier d’observer que des flics ont défendu des racailles dans les cités desquelles ils n’entrent plus jamais depuis bien longtemps. Éric fait observer que le seul blessé est un manifestant dépouillé, humilié et tabassé par les racailles. Là il oublie les autres manifestants blessés par les flics à coups de bottes, matraques, boucliers, etc. Popoline insiste en disant que les manifestants avaient la liste des adresses des accusés. Voulaient-ils manifester précisément devant ces adresses ? Elle ne suggère surtout pas cette question ! De toute façon, ils étaient déjà arrêtés, ils ne risquaient donc rien. Elle ne le précise pas non plus. Le sujet de la réalité des peines est abordé. Comme Éric contrarie Popoline avec ses réponses (peines-planchers imposées, suppression du juge d’application des peines et des remises de peines automatiques) elle dévie sur la peine de mort, que son interlocuteur évacue avec efficacité en précisant que ce n’est ni le lieu ni le moment. Encore quelques échanges complétant ce qui précède, puis Popoline de Mauvaiseherbe clôt le débat en annonçant l’heure de la récré, avec un regard noir comme un nid de vipères au fond d’un trou de ruines. Éric disparaît du champ des caméras, ne laissant que le vilain visage coléreux de Popoline, exprimant un ego surdimensionné particulièrement contrarié. Mais, hormis la conclusion technique de Popoline, c’est quand même lui qui a eu le dernier mot.
Daniel Pollett pour Riposte Laïque

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